La qualité et le respect de l’environnement sont plus que jamais au centre des préoccupations.
L’humanité doit faire face à deux enjeux :
anticiper les inéluctables pénuries énergétiques,
limiter la pollution consécutive à sa consommation d’énergie.
De nouvelles sources puisées dans la nature
En 10 ans, l’urgence imposée par le réchauffement climatique et la création du protocole de Kyoto ont accéléré l’émergence d’énergies « nouvelles ».
La filière solaire et ses panneaux photovoltaïques ont envahi les villes et la campagne. Les biocarburants issus de l’agriculture ont suscité un engouement et une alternative séduisante face à la raréfaction du pétrole fossile. Les éoliennes s’érigent en vastes champs face aux vents puissants.
Mais ces solutions ont leurs revers. Chacune coûte beaucoup d’énergie et de moyens financiers pour leur mise en œuvre et chacune pèse lourd sur l’environnement (quid du recyclage des panneaux en fin de vie ? agriculture intensive et ogm pour une production de biocarburants ne pouvant pas satisfaire la demande mondiale).
En France, on a pas de pétrole mais on a des idées
Des idées on en a. En tout cas, nos ingénieurs travaillent sur des projets fruits de collaborations internationales et dont les résultats sont désormais visibles.
Ici, il s’agit de recycler l’énergie déjà engendrée par d’autres sources. Ou l’art de la récupération.
Degrés Bleus
Nous en parlions déjà sur ce site avec un billet consacré à Kyoto (Ticket to Kyoto : s’unir pour réduire le CO²), la technologie nommée Degrés Bleus a déjà fait l’objet d’une application à Paris.
L’idée est de récupérer la chaleur résiduelle se trouvant dans les égouts pour chauffer en retour les immeubles alentours.
Voici la dernière application en date. L’école Wattignies du 12ème arrondissement de Paris va elle aussi bénéficier de cette technologie.
L’investissement de 400.000 € sera amorti en 10 ans mais permettra de couvrir 70% des besoins annuels de chauffage de l’école. Le reste sera assuré par une énergie classique.
Pour que cela fonctionne, il est nécessaire que l’égout soit proche et assez gros pour que la récupération soit efficace.
Les eaux usées sont en moyenne entre 12 et 20°C. Après stockage de ces calories par la pompe à chaleur, la température disponible peut atteindre 60°C.
Depuis les années 80, les chercheurs américains travaillaient dessus. Mais faute de moyen, les travaux ont été suspendus.
Le principe du biopétrole est de reproduire en un temps très court ce que la nature met plusieurs milliers d’années à accomplir.
En l’occurrence, cela consiste en la transformation du CO² (directement à la sortie de la cheminée d’une usine par exemple) par des micro-algues pour obtenir une huile, proche du pétrole à l’état brut (gras et noir).
Après raffinage, cette huile donne à nouveau de l’essence avec toutes ces propriétés énergétiques.
Voici une vidéo explicative :
Pas encore rentable (10 fois trop cher), consommant plus d’énergie à produire qu’il n’en restitue en fin de compte, le biopétrole est tout de même prometteur.
Telle la pierre philosophale, on change le plomb en or. Les rejets de CO² peuvent être maitrisés et donnent en retour ce que les nappes de pétrole peinent déjà à sortir.
Mais la réalité d’une production suffisante est encore loin. Ce procédé ne peut assurer que quelques barils face à la production pétrolière actuelle.
L’avenir de l’énergie se trouve dans ces technologies respectueuses de l’environnement.
Cet article s’enrichira de nouvelles avancées au fur et à mesure de leurs découvertes et de leurs applications en dehors de toute utopie.
Le Réseau Action Climat (RAC) vient de publier un document aussi synthétique qu’informatif sur l’impact de nos déplacements sur le changement climatique.
Outre le mécanisme de l’effet de serre qui nous est rappelé, nous prenons conscience, chiffres à l’appui, du rôle de la voiture particulière dans le réchauffement climatique.
Ce document pédagogique donne des pistes de réflexion pour continuer de se déplacer tout en respectant l’environnement.
La lutte contre les changements climatiques passent actuellement par un projet baptisé « Ticket to Kyoto ».
Cofinancé par le programme INTERREG IVB NWE, il regroupe cinq sociétés européennes de transport public : la RATP (Paris – France), GMPTE (Manchester – GB), moBiel (Bielefeld – Allemagne), la RET (Rotterdam – Pays-Bas) et la STIB (Bruxelles – Belgique).
Concrètement,chaque société testera un ensemble de mesures visant à réduire les dépenses énergétiques dans leurs infrastructures et dans leurs véhicules :
l’éco-driving (conduite souple) pour la STIB, la RET et moBiel,
des compétitions énergétiques, au sein des dépôts de la GMPTE et de la STIB, visant à réduire la consommation d’énergie,
des dispositifs d’éclairage permettant d’économiser l’énergie dans une station de métro de la RATP,
de nouveaux systèmes de commande d’éclairage (minuteries, capteurs de mouvement) pour réduire les pertes d’énergie dans les stations de la moBiel et de la GMPTE.
Des expériences d’envergure pour réduire le CO²
Au-delà des mesures précédemment citées et qui sont l’affaire de chaque salarié, les 5 partenaires vont investir et mener des expériences majeures.
La RET et la STIB développeront des installations au sein de leurs réseaux de métro, pour récupérer l’énergie cinétique libérée au moment où les véhicules utilisent leurs freins. moBiel et la GMPTE feront de même avec leurs trams.
moBiel expérimentera des installations de chauffage plus efficaces pour garder les voies chaudes en hiver.
La GMPTE utilisera la puissance d’une chute d’eau à Manchester pour produire de l’électricité pour une station de bus située à proximité.
La RATP à déjà investi dans un projet visant à utiliser la chaleur récupérée dans une station de métro pour chauffer un bâtiment à proximité.
La chaleur du métro parisien pour chauffer des logements
Dans un immeuble situé non loin du Centre Georges Pompidou, rue Beaubourg, un vaste programme de réhabilitation se veut exemplaire d’un point de vue environnemental.
Relié par un escalier à une galerie de la ligne 11, près de la station Rambuteau, l’immeuble va bénéficier d’un système qui ira puiser la chaleur, puis la fera passer dans des échangeurs pour réchauffer de l’eau et alimenter des conduits de chauffage. Le principe est identique à la géothermie.
Cela viendra en complément du chauffage urbain obtenu par l’incinération des ordures ménagères.
A énergie déployée équivalente, ce projet permettra de réduire d’un tiers les émissions de gaz à effet de serre par rapport à une chaufferie classique. La consommation d’énergie grâce à une bonne isolation devrait être de 77,8 kilowattheure (kWh) par an et par mètre carré soit un niveau inférieur aux 80 kWh demandés par le Plan climat de la ville de Paris.
Les 17 logements qui bénéficieront de ce projet auront valeur d’exemple car ce projet ne pourra pas être généralisé à tout Paris, pour des questions de coûts de constructions et de raccordements.
L’heure est aux énergies renouvelables et aux idées novatrices pour nous rendre un monde plus propre.
Dans cette quête du développement durable, nous trouvons les éoliennes, les panneaux photo-voltaïques, les usines de méthanisation…
Il existe désormais un procédé de transformation du plastique en pétrole (l’inverse de la fabrication).
Le principe est simple : une machine spécialement conçue pour cela fait fondre les déchets plastiques. Puis les gaz issus de cette opération sont refroidis et distille une « huile » qui peut devenir du diesel ou de l’essence.
Cette alchimie moderne peut paraitre à première vue miraculeuse. Nous imaginons déjà voir disparaitre tous ces déchets plastiques pour finalement rouler à moindre frais tout en réduisant notre empreinte carbone.
Mais cette valorisation ne peut pas s’appliquer de manière systématique. Le recyclage des matières plastiques pour obtenir d’autres objets plastiques reste d’actualité. Il est plus rapide et plus économe en énergie.
Transformer le plastique en pétrole devient pertinent lorsque les besoins locaux en énergie fossile sont supérieurs aux besoins en biens de consommations et que les filières de recyclage de ces derniers n’existent pas. Nous pensons alors aux pays en voie de développement.
Une question reste sans une réponse claire : quel est le rapport énergie dépensée pendant l’opération/énergie potentielle du pétrole récolté. Le procédé ne devrait pas consommer plus que ce qu’il ne produit.
Présentation de cette invention en vidéo (et en anglais) :